N'importe quel film traitant un tant soit peu de la religion ou de quelqu'autre sujet tabou aux yeux de l'Eglise (avortement, homosexualité, etc.) suscite obligatoirement la controverse.
Malheureusement le dernier film de Mel Gibson n'a pas choisi de décrire la vie d'une jeune fille qui est possédée par le diable (L'Exorciste), il ne choisit pas non plus de mettre en avant la vie d'un célèbre vendeur de porno (Larry Flynt). Non, ici, Gibson entreprend de raconter une histoire que tout le monde connaît et là on peut vraiment insister sur le "tout le monde".
Alors tout de suite une question surgit? Quel est l'intérêt de raconter une histoire qui fait parti de la culture de tous? On connaît les moindres détails, les souffrances, l'horreur......
Et bien, une des réponses à cette question peut se trouver dans la forme plutôt que dans le fond. Déjà, Gibson ne se contente que des douze dernières heures de la vie du Christ, entremêlant scènes de torture et flash-back histoire de créer une certaine distance avec l'horreur : on y voit Jésus en train de construire une table, le dernier repas, les leçons donnés à ses disciples; il met en scène l'arrestation de Jésus, sa présentation face aux Juifs, puis aux Romains avant la scène interminable de la flagellation, celle encore plus interminable du chemin de croix avant de finir avec une scène de crucifixion, (certainement une des scènes les plus violents de l'histoire du cinéma)
Difficile de décrire ce film, points positifs il y en a : le film cherche l'émotion (en Latin et Arménien, BO envoûtante, réalisme poussée à son extrême), photo magnifique, véritable "passion" du réalisateur pour son projet et un Jim Cazaviel extraordinaire (probablement un des rôles les plus durs à jouer pour un acteur). Et il y a le reste : des scènes ultra-violentes (limite voyeuristes), des scènes trop longues (le chemin de croix est interminable, pourquoi ?) et cette crucifixion , à la limite du regardable......
En fait c'est dans l'ensemble un film fort réalisé par un metteur en scène dévoué et interprété avec conviction. Outre son aspect soi disant anti-sémite et sa violence sans limite, il en demeure néanmoins une oeuvre à respecter.....mais en avait-on vraiment besoin?
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| Par SK |
note 9/9
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Intrigué par les nombreuses polémiques que suscite le film de Mel Gibson (antisémite, violent, hyper-réaliste...) je suis donc allé au cinéma pour me faire ma propre opinion car il ne faut jamais critiquer sans avoir vu !
Loin d'être un chef-d'oeuvre, "La Passion du Christ" est une grande fresque historique qui possède une force descriptive indéniable mais qui souffre d'une mise en scène trop inspirée et d'une démonstration inutile des sévices infligés à Jésus.
En ce qui concerne l'adaptation des Evangiles, Mel Gibson a puisé dans les textes des quatre évangélistes. Dans la Bible, chaque récit de la Passion est légèrement différent suivant son auteur. Après les avoir relus méticuleusement, je constate que Mel Gibson a synthétisé les quatre textes pour donner une version juste, fournie et cohérente en prenant tantôt un détail mentionné dans l'évangile de Luc qui ne l'est pas dans celui de Jean, de Marc ou de Matthieu (exemple : Jésus qui guérit l'oreille coupée d'un soldat, Jésus devant Hérode) tantôt un détail mentionné dans l'évangile de Marc qui ne l'est pas dans celui de Luc etc... Les évènements qui sont proposés par ce récit synthétique sont très fidèles à ceux décrits dans les Evangiles et constituent un des points forts de ce film qui donne véritablement une vision réaliste de la Passion. Certaines scènes comme la trahison de Judas, la comparution de Jésus devant le Sanhédrin puis devant Ponce Pilate bénéficient d'une mise e!
n scène relativement sobre et soignée (comparée à la suite du film) ainsi que d'une belle photographie. L'emploi de l'araméen et du latin (le grec était la langue officielle mais comme nous ne connaissons pas sa prononciation, les scénaristes n'ont pas eu d'autre choix et nous les en excusons) est ici un atout majeur pour aller au plus près de la vérité historique. Ces séquences constituent la première moitié du film et m'ont beaucoup plu. Il est vrai que Mel Gibson a pris quelques petites libertés dans l'adaptation des évangiles principalement lors de l'arrestation de Jésus au début du film ce qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme. Dans cette séquence, Jésus est arrêté par des soldats juifs uniquement, alors que les écritures parlent "d'une foule nombreuse avec des glaives et des bâtons, envoyée par les grands prêtres (Matthieu)" Parce que le réalisateur a décidé de mettre à l'écran des soldats juifs, le film est antisémite ? Ces accusations me semblent totalement !
aberrantes. A aucun moment dans le film, un geste ou une parole n'est
dirigée contre le peuple juif. Faut-il rappeler le sens du mot antisémitisme qui signifie : attitude d'hostilité systématique à l'égard des Juifs. Il ne faut pas oublier de replacer ce film dans le contexte de l'époque avec la crainte de certains juifs d'être en face d'une personne qui se proclame être le Messie tant attendu. Le réalisateur dénonce peut-être la méchanceté des grands prêtres qui ont poussé Ponce Pilate à crucifier Jésus mais à aucun moment il ne délivre un message antisémite.
La deuxième moitié du film pourrait commencer à partir de la flagellation du Christ. A partir de cet instant, le film devient très vite insoutenable et tourne à la barbarie sanguinaire. Alors que cette scène ne tient qu'en quelques lignes dans les Evangiles, Mel Gibson y consacre une grande importance. Il use et abuse de ralentis sur chaque coup de fouet et n'hésite pas à faire gicler les morceaux de chair. Mel Gibson ne donne plus une vision fidèle et respectueuse des Evangiles mais donne au film des allures de spectacle. Il ne s'attache désormais plus qu'à une démonstration barbare des souffrances infligées au Christ. Selon le réalisateur, cette surenchère permet de démontrer encore plus l'immense sacrifice que Jésus a fait pour les hommes en endurant des sévices aussi violentes. Je crains que cette volonté d'aller jusqu'au bout du réalisme ne fait que nuire à l'image du Christ qui nous apparaît tout à coup déshumanisé. La crucifixion est le point culminant de cette débauc!
he de sang. Le souci d'être le plus réaliste possible par rapport aux pratiques de cette époque pourrait encore passer si Mel Gibson n'en rajoutait pas avec une mise en scène hyper-lourde (trop de ralentis et musique oppressante) qui contraste radicalement avec les scènes du début plus simples et moins chorégraphiées. De plus, Mel Gibson ajoute des éléments douteux qui n'apportent pas grand chose au long métrage ( présence du diable personnifié par une femme rasée avec une voix d'homme (sic !) une colombe au dessus de la tête de Pilate comme pour minimiser son implication voire l'innocenter (bizarre !) ou encore Barabbas montré comme une espèce d'attardé mental ). Ces choix sont tout à fait discutables.
En conclusion, "La Passion du Christ" constitue une oeuvre à part dans le Cinéma. Des instants de grâce laissent entrevoir un film fidèle aux Ecritures et réussi du point de vue historique mais à trop vouloir faire de cette Passion un film réaliste, Mel Gibson sombre dans la surenchère de la violence réduisant ce qui aurait pu être un véritable chef-d'oeuvre en spectacle barbare et inutile. Une mise en scène qui passe d'un style épuré avec des personnages bouleversants (Marie est très touchante) à une débâcle lyrique trop inspirée où l'on suit les souffrances d'un Christ défiguré et agonisant.
Je suis sorti de la salle avec une drôle d'impression : certaines images remettaient en cause ma foi chrétienne mais le film m'a redonné envie de m'intéresser plus profondément à la religion et de relire la Bible. Mon âme de cinéphile me dit que ce film n'est pas très bon mais mon coeur me dit de plus m'investir dans la foi. Mel Gibson aurait-il réussi son pari ?
Je ne sais pas si le message d'amour de Jésus qui a donné sa vie pour ceux qu'il aime transparaît grâce à ce film. Que quelqu'un d'athée me donne son opinion.
Film choc, à voir absolument mais avec un minimum de connaissances bibliques. Ce genre de film est rare et il serait dommage de s'en priver.
8/9 pour la première moitié et les flash-backs
4/9 pour la deuxième moitié (trop violente et mise en scène trop lourde)
Moyenne : 6/9
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| Par Stéphane Czopek |
note 1/9
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Contre-vérités absurdes (et innombrables), miasmes d'antisémitisme dégueulasses et manichéisme comme on n'en avait pas vu depuis bien longtemps, on ne peut pas dire que "La Passion du Christ" sente très bon, idéologiquement parlant.
Ça se gâte encore si l'on essaie de s'intéresser à la chose d'un point de vue plus cinématographique : réalisation bulldozer, musique nulle, scénario à la hâche, interprétation ridicule (on se croirait revenu au temps du cinéma muet avec yeux exorbités et bouches grimaçantes), effets spéciaux aussi grotesques qu'inappropriés (imaginez un drame religieux dont le parti pris esthétique loucherait vers le gore), le compte est (très) long, à défaut d'être bon.
Décidemment, cette "Passion" n'a rien pour plaire. Que Mel Gibson retourne balbutier avec ses petits camarades sectaires, il ne manquera à personne !
Tant qu'à faire, mieux regarder "Massacre à la tronçonneuse", c'est plus franc.
Et (beaucoup) plus sain.
Chasse d'eau.
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