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Un sextuor de personnages, trois femmes (Camille, Sonia, Dominique) et trois hommes (Hugo, Pierre, Arthur) se croisent et s'entrecroisent, se désirent ou s'aiment. Ce qui aurait pu n'être qu'un marivaudage sur fond de troupe de théâtre, comme on en a déjà vu, devient grâce à la réalisation une merveille jubilatoire. C'est là que Jacques Rivette joue les chefs d'orchestre dans une petite musique qui au fil des séquences devient une fugue digne du meilleur baroque avec une pièce de Pirandello qui, bien que coupée en morceaux, va servir de contrepoint aux états d'âme des protagonistes jusqu'à un final où la fiction rejoint la réalité qui n'est elle-même qu'une fiction puisqu'on est au cinéma. Abordé sans a priori ce film laisse la jouissance d'une bonne soirée comme celle qu'on ressent après un beau concert même si on ne connaît rien à la musique. Jeanne Balibar avec sa voix chaude, interrogative est pour beaucoup dans le plaisir. Ce film s'apparente aux grands classiques jubilatoires comme La Ronde de Max Ophuls.
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