Malgré cette note assez moyenne, je tiens à signaler que je recommande d'aller voir ce film qui est malgré tout une jolie petite réussite sur l'entreprise. C'est un bon premier film qui mérite vraiment d'être vu.
Notre personnage principal est jeune, fraîchement diplômé, nouvellement amoureux est un tantinet idéaliste: bref, si on est pas tout à fait dedans, on se rapproche assez clairement du cliché du jeunot sans expérience. Mais c'est bien là une faiblesse mineure, comparée à la fadeur du personnage de sa copine (pourtant sauvéé par la bonne interprétation de cylia malik) et surtout au manque définitif d'attachement du spectateur à jéremie rénier qui , certes, a un rôle casse-gueule : si le réalisateur exploite à la perfection son apparence extérieure un peu frêle (physique, vêtements...), l'acteur joue sur cela dans son comportement et semble parfois oublier que ce genre de rôle réclame une forte intensité faciale qui lui fait très nettement défaut bien qu'il fasse preuve de justesse par moments: il manque d'expressivité!
Cependant, ou tout dépeint admirablement le milieu de l'entreprise et de cet ovni au milieu d'employés dont on ne sait jamais s'ils sont vraiment dupes. A cet égard, le personnage de Laurent Lucas est nettement plus intéressant et bien mieux interprété et apparaît comme le visage futur de notre jeune homme qui finira par choisir le conformisme et la voie individuelle. Le plus grand éloge que l'on peut faire au réalisateur, c'est de montrer l'absence de choix véritable pour notre jeune ami qui doit sacrifier sa carrière ou perdre son amie: l'une peut se remplacer et l'autre non. C'est à travers cette remarquable métaphore de la société de consommation que le film prend tout son intérêt et également à travers un excellent jeu des apparences : même au sein de son entreprise d'audits financiers, la conscience du degré de deshumanisation de leur travail existe, mais on s'y résigne parce que c'est "la règle du jeu" et que réussite ne rime plus avec philanthropie, si toutefois elle !
avait déjà rimé avec auparavant. Et le plan final qui fait tristement écho au plan initial en donne le constat et fait bien plus que cela: il nous enseigne qu'exister parmi les hommes se fait, paradoxalement, par l'individuel.
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